Travaux ménagers au XIXe siècle

La maison du XIX e siècle

 

L'organisation, les efforts physiques et les outils utilisés pour effectuer les travaux ménagers avant l'avènement de l'équipement ménager moderne découlent d'unevie de famille reposant sur l'interdépendance. Au XIXe siècle, la famille constituait une unité de production.De nos jours, la famille est surtout une unité deconsommation.

 

La plupart des articles nécessaires aux besoins quotidiens de la famille étaient fabriqués à la maison et les achats se limitaient à quelques denrées : le thé, le café et le sucre dont le prix était élevé et qu'on utilisait avec parcimonie. On achetait des articles de métal comme les poêles, les chaudrons, les outils et lesfusils parce que seulement des ouvriers qualifiés pouvaient les fabriquer. Beaucoup d'autres accessoires tels les cuillères de bois et les planches à laver étaientfabriqués une fois que la famille était installée.

 

Des services comme le chauffage, l'alimentation en eau et l'élimination des déchets devaient être fournis et assurés de façon quotidienne par l'unité familiale quidisposait d'outils au lieu de machines. Les femmes étaient chargées de la culture, de l'achat, de la conservation et de la préparation des vivres de la famille.

 

En région rurale tout particulièrement, les tâches étaient clairement réparties entre les hommes et les femmes. Pour les couples exploitant la ferme familiale, lemariage était un moyen de survie. Cette interdépendance s'est dissipée graduellement à mesure que la maison a été modernisée. Les hommes s'occupaient du blé etde la culture du lin, mais les femmes prenaient soin du jardin. Les hommes coupaient et transportaient le bois pour le feu, et les femmes faisaient la cuisine. Des tâches comme le transport de l'eau, la traite des vaches, l'épluchage des pommes et le tissage étaient exécutées autant par les hommes que par les femmes.

 

Tâches confiées aux enfants

Dans la maison de campagne, la nature du travail des enfants variait selon l'âge, le sexe, le rang dans la famille et le temps de l'année.La famille moyenne vivant en région rurale comptait de cinq à six enfants et le travail de chacun consistait à accomplir de petites tâches qui exigent beaucoup de temps, ce qui libérait les parents qui pouvaient se consacrer au défrichage de la terre et au labourage.

 

Dans la plupart des familles, on ne faisait pas appel à l'aide des enfants avant l'âge de cinq ans étant donné qu'ils ne possédaient pas la dextérité, le jugementet la force physique nécessaires. Par conséquent, on les laissait jouer et observer les membres plus âgés de la famille.

 

Vers l'âge de cinq à sept ans, les garçons commençaient à être utiles et on leur attribuait des tâches simples comme rentrer le bois de chauffage et l'eau, ramasser les oeufs et nourrir la volaille.l'âge de dix ans, ils commençaient à travailler aux champs, à sarcler les cultures, à diriger l'équipe qui faisait le hersage et le râtelage et ils apprenaient à traire les vaches. Dès l'âge de 14 ans, les garçons travaillaient comme des hommes et effectuaient tous lestravaux de la ferme - fente du bois, labourage, battage, etc.

 

Les filles étaient mises à contribution en bas âge et, à six ans, la plupart des filles savaient comment filer, tricoter et coudre, et elles surveillaientles enfants plus jeunes qu'elles. De 8 à 12 ans, elles balayaient, lavaient la vaisselle, mettaient la table, reprisaient des vêtements, cuisinaient desplats simples, nourrissaient la volaille et prenaient soin du jardin.Entre 14 et 16 ans, une fille était considérée comme une femme et pouvait accomplir n'importe quelle tâche dans la maison, y compris la lessive, le repassage, le nettoyage des planchers et des cheminées. Les filles allaient rarement travailleraux champs.


Ce n'est qu'en 1871 que l'école est devenue obligatoire pour les enfants. Tous les enfants de 7 à 12 ans fréquentaient l'école au moins quatre mois par année. L'avènement de la mécanisation dans la deuxième moitié du XIXe siècle a en fait permis de prolonger la période scolaire étant donné qu'un grand nombre des tâches qu'effectuaient les enfants vivant en région rurale étaient dorénavant exécutées par des machines. On avait maintenant surtout besoin des enfants pour faire les moissons, tâche qui était effectuée durant l'été, alors qu'ils étaientà la maison.

 

Évolution du rôle des femmes à la maison

En général, l'acquisition d'appareils ménagers par les familles des diverses classes sociales dépendait du nombre de domestiques que chaque famille employait.

En ce qui concerne la classe supérieure, les premiers appareils à être achetés étaient ceux que l'on trouvait dans les pièces principales - radiateurs, allume-cigares, cafetières et théières.Les «appareils d'arrière-plan» comme la machine à laver sont venus plus tard étant donné que l'acquisition d'un appareil ménager dépendait souvent de la nouveauté et du statut social.

Dans les familles de classe moyenne, les femmes étaient la principale source de main-d'oeuvre et des domestiques étaient embauchés pour accomplir uniquement les tâches les plus difficiles. En conséquence, ces familles se procuraient des articles qui allègeaient le travail, comme la machine à laver, avant les familles riches. Souvent, un appareil ménager était acheté en fonction de son rapport coût-efficacité et de sa fiabilité.

Les femmes mariées de la classe ouvrière étaient obligées de travailler à l'extérieur en tant que domestiques ou dans l'industrie du textile et, fréquemment, découvraient les appareils ménagers parce qu'elles travaillaient pour quelqu'un d'autre. L'électrification de la maison et les appareils ménagers électriquesétaient inabordables pour la plupart des femmes de la classe ouvrière.

LES ENERGIES UTILISEES

L'électricité

Déjà en 1890, des entrepreneurs avaient construit des installations génératrices d'énergie électrique dans toutes les provinces canadiennes.Il fallait d'abord trouver une méthode de distribution avant de pouvoir utiliser la technologie électrique. Par conséquent, les premiers clients habitaient dans des centres urbains ouencore tout près. En 1910, Berlin (Kitchener) en Ontario est devenue la première municipalité à être branchée au réseau électrique public provincial.EnOntario, ce réseau électrique a été financé par le gouvernement tandis qu'au Québec il était financé par l'entreprise privée.

De 1890 à 1910 on s'est livré à de nombreuses expériences sur la technologie électrique en vue de l'utiliser pour remplacer les modes de cuisson et dechauffage traditionnels. Au tournant du siècle, les deux principales lacunes de la technologie électrique existante étaient le manque de possibilités pourproduire de la chaleur (par résistance) et le manque de force motrice (petits moteurs). Au début, cette expérimentation a été faite sous la directiond'inventeurs privés, mais les sociétés se sont rapidement engagées dans la recherche.Les entreprises Générale Électrique et Westinghouse avaientétabli des usines au Canada, et leurs dirigeants étaient convaincus de l'importance de la recherche en technologie électrique.

 

L'électricité avait été utilisée à très peu de fins autres que l'éclairage depuis que Thomas Edison avait fait breveter sa lampe à incandescence en 1879. Grâce à l'expansion du réseau électrique dans l'ensemble du pays, de petits appareils ménagers sont passés du stade expérimental au stade de productioncommerciale. Le premier petit appareil à être électrifié fut le ventilateur, mais c'est le fer à repasser qui fut le plus prisé. Puis, les poêles électriques à ronds, les radiateurs, les chauffe-fer à friser et les moteurs de machine à coudre ont fait leur apparition coup sur coup.

 

A la fin des années 1890, les frais liés au service public d'électricité étaient facturés à un taux fixe calculé en fonction du nombre de pieds carrés de la résidence.Après la mise en service du compteur d'électricité, facturer aux clients seulement des frais pour l'électricité consommée est devenu une pratique plus courante chez les sociétés de service public. Cependant, les clients du secteur industriel qui avaient des besoinsconstants en électricité ont continué de payer un taux fixe.

 

Le Gaz

Depuis les années 1850, on utilisait le gaz comme source d'énergie pour s'éclairer dans les provinces centrales.Jusqu'aux années 1950, on utilisait surtoutle gaz de houille plutôt que le gaz naturel. En général, le gaz était un combustible utilisé par les citadins et, au début, la concurrence entre l'électricité et le gaz se faisait surtout au niveau de l'éclairage des rues. On utilisait déjà le gaz dans de nombreuses maisons pour cuisiner (depuis les années 1880)en plus de l'utiliser pour alimenter les fers à repasser au gaz et les radiateurs indépendants.

 

Les appareils ménagers électriques ne sont pas entrés sur le marché avant le début des années 1900. La concurrence entre l'électricité et le gaz adébuté dans les années 1920 et s'est intensifiée au cours des 1930, tout particulièrement dans les domaines de la cuisson et du chauffage. Même si les fabricants d'appareils ménagers ne voulaient pas l'admettre, les cuisinières au gaz étaient sans contredit beaucoup plus fiables et efficaces jusqu'aux années 1930.

 

Dans les années 1950, la compagnie Consumer Gas a commencé à changer sa source d'approvisionnement pour desservir ses clients de Toronto, passant du gaz de houille produit localement au gaz naturel importé de l'Ouest canadien. Le gaz de houille ou méthane est produit au moyen de procédés au cours desquels l'hydrogène réagit au contact de la houille.Les pipelines de l'ouest et du sud ont pris un essor prodigieux durant cette période en vue d'approvisionnerde nouveaux clients en gaz naturel.

 

Eau/Plomberie

Au cours du XIXe siècle, des services tels l'éclairage et l'eau courante étaient réservés aux familles urbaines de la classe moyenne et de la classesupérieure. En 1860, sept villles canadiennes avaient des systèmes d'eau publics.Au cours de la deuxième moitié du siècle, un grand nombre defoyers urbains de classe moyenne ont eu accès à la plomberie intérieure et aux systèmes d'acqueduc. Les pauvres n'ont pas eu de plomberie dans la maison jusque passé 1900 bien que bon nombre de foyers ruraux possédaient leur propre puits. La production de masse, l'établissement denormes et l'installation d'appareils ont donné un grand essor à la plomberie intérieure après la Première Guerre mondiale (1918). partir des années1930, la plupart des gens avaient l'eau courante.

 

L'utilisation répandue de la plomberie a permis aux femmes de demeurer à l'intérieur, mais elle a réduit leurs relations sociales avec leurs voisins autour du puits. D'autre part, elle leur a donné plus de temps pour effectuer d'autres travaux ménagers étant donné que la plomberie avait éliminéla lourde tâche d'aller chercher de l'eau pour exécuter leurs travaux ménagers.